Coup de tonnerre dans l'audioprothèse: la règle des trois points de vente !
L’article 16 de la convention CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) encadre les pratiques des
audioprothésistes dans le cadre de la prise en charge des assurés sociaux. Une des règles spécifiques
de cet article est l’interdiction pour un audioprothésiste de travailler pour plus de trois points de
vente. Cette disposition vise à garantir une meilleure qualité des soins tout en régulant la
concentration des professionnels dans un secteur de plus en plus compétitif.
L’objectif de cet article est double. D’une part, il cherche à limiter les conflits d’intérêts qui
pourraient résulter de l’ouverture de multiples points de vente par un même audioprothésiste. En
effet, un audioprothésiste opérant dans plusieurs établissements pourrait être incité à privilégier la
vente de produits au détriment de l’intérêt du patient. Limiter le nombre de points de vente permet
de garantir que les professionnels soient présents et impliqués dans le suivi de leurs patients, sans
chercher à maximiser leur volume d’affaires.
D’autre part, l’article 16 répond à un objectif de régulation du marché. En interdisant la
concentration excessive de l’activité audioprothétique dans quelques mains, il évite une tendance à
la standardisation des soins et des services. La diversité des points de vente, répartis de manière
homogène sur le territoire, permet de garantir un accès équitable aux soins pour tous les assurés
sociaux, notamment dans les zones moins urbanisées où l’offre pourrait être insuffisante.
En pratique, cette interdiction a des conséquences concrètes pour les audioprothésistes et pour les
entreprises du secteur. Un professionnel ne peut pas multiplier ses points de vente sans risquer des
sanctions. Les entreprises doivent également ajuster leur modèle économique en fonction de cette
contrainte. Par ailleurs, il existe des dérogations à cette règle dans certaines situations, par exemple,
pour les groupes ou les chaînes qui possèdent un réseau de points de vente et souhaitent maintenir
une certaine cohérence dans l’organisation de leur réseau.
Cette limitation, qui pourrait sembler contraignante pour certains, vise donc à protéger
l’indépendance des professionnels tout en assurant une qualité de soins optimale pour les assurés
sociaux. Il est essentiel que l’audioprothésiste reste un acteur de proximité et de qualité, garantissant
la bonne prise en charge des patients, et non un simple distributeur de prothèses auditives.
Ainsi, l’article 16 de la convention CNAM est une mesure de régulation qui cherche à équilibrer les
enjeux économiques, éthiques et qualitatifs du secteur de l’audioprothèse, tout en respectant les
principes de solidarité et d’accès équitable aux soins.
En cas de non-respect de cette règle, plusieurs sanctions peuvent être appliquées. Tout d’abord, des
pénalités financières peuvent être infligées, entraînant une réduction des remboursements pour les
actes effectués dans des conditions non conformes. En outre, l’audioprothésiste peut se voir
suspendre ses droits à remboursement pour les prestations concernées, ou même être exclu de la
convention CNAM dans les cas les plus graves. Des sanctions disciplinaires par les instances
professionnelles, voire des poursuites pénales en cas de fraude, peuvent également être envisagées.
En pratique, les audioprothésistes doivent organiser leur emploi du temps pour être physiquement
présents sur les sites et pouvoir en justifier à l’assurance maladie.
Ainsi, dans un groupe, lorsqu’un audioprothésiste intervient pour plusieurs sociétés du même
groupe, il est important de signer un contrat de prestations de services avec une des sociétés
détaillant les attributions de l’audioprothésiste, les honoraires facturés en contrepartie des prestations réalisées, la durée du contrat, les modes de résiliation du contrat. Ensuite, il faut conclure
un contrat de mise à disposition entre les différentes sociétés du groupe prévoyant précisément les
jours d’intervention de l’audioprothésiste sur les autres sites, en respectant la limite précitée.
S’entourer des conseils d’un professionnel est aujourd’hui plus que jamais une nécessité !